Deuxième rencontre – Compte-rendu de la réunion du 06 Mai 2010 à Necker

Restitution du travail engagé par le Dr Bahi-Buisson et le Dr Roze sur les mouvements involontaires chez les AG1, restitution présentée par le Dr Bahi-Buisson.

L’étude a porté sur 16 personnes atteintes d’AG1 de l’âge de 9 mois à 26 ans.
L’observation a permis de noter la présence quasi constante d’une macrocéphalie qui s’installe progressivement dans les premiers mois de vie. Aujourd’hui, les médecins tentent de faire passer le message que lorsqu’il y a ce type de macrocéphalie, il faut tester l’enfant pour l’Acidurie Glutarique de type 1. Cette macrocéphalie s’accompagne d’une atteinte des espaces sous arachnoïdiens à l’I.R.M.

Cette atteinte est une des caractéristiques constantes de l’AG1.
C’est l’atteinte des noyaux gris qui est directement responsable de la dystonie.
La dystonie peut être très présente à différents grades, de presque indétectable à très handicapante, mais c’est aussi une constante chez les patients. Elle s’accompagne d’une hypotonie axiale.
Sur les 16 patients testés, 4 n’avaient jamais fait de crise aïgue.

L’intervention des cytokines lors des décompensations a été démontrée, elles sont libérées par le facteur stress (gastro, fièvre..) déclenchant la crise. Le mécanisme n’est donc pas dû qu’à la libération en masse d’acide glutarique.
Les mouvements anormaux sont présents au repos mais sont très accentués dès qu’il y a une intention de mouvements volontaires où la présence d’un stress.
La face est toujours atteinte ce qui a entraîné pour 6 des enfants étudiés une gêne suffisante à l’alimentation pour entraîner la pose d’une gastrostomie.
Avant 6 ans, les enfants présentent une plus grande mobilité, des rigidités apparaîtraient en grandissant sans pour autant améliorer les mouvements volontaires.

Un enfant sur deux est en fauteuil roulant, pour les autres la marche a été acquise avec du retard en moyenne : 19,5 mois.
Il n’y a pas de corrélation entre le degré d’atteinte des noyaux gris et le degré de handicap, ni entre le taux d’acide glutarique excrété par les urines et le taux de handicap. On ne peut donc pas prédire du développement d’un enfant.
Aujourd’hui, l’arsenal thérapeutique pour gérer ces mouvements anormaux est très restreint. Aucun nouveau médicament n’est à l’étude.

De même il n’existe pas de médicament permettant de prévenir les troubles neurologiques chez les enfants n’ayant pas décompensés.
Les neurochirurgiens estiment qu’il y a aujourd’hui trop de risque à tenter une stimulation profonde, le cerveau étant abîmé. L’évolution de la technique pourra peut-être un jour nous être bénéfique.
La présence de mouvements oculaires anormaux est connue mais il est difficile de faire la part des choses entre le mouvement oculaire pathologique et celui entraîné par la dystonie généralisée, toutefois une rééducation de type orthoptique reste utile.
Au niveau neurologique, on peut se poser la question aujourd’hui du moment adéquat (bénéfice/risque) pour démarrer les neuroleptiques, en quantité de molécules différentes à tester mais aussi en concentration pour éviter de se retrouver très tôt dans une impasse thérapeutique due au trop faible nombre de médicaments existants.
Le nombre de cas est trop faible pour ne pas essayer toutes les pistes qui permettraient de diminuer ou soulager ces mouvements : régime hypoprotidique, protoxyde d’azote, toxine botulique…

Il serait intéressant lorsqu’un médecin note une influence bénéfique de ces traitements, qu’il le transmette au plus grand nombre.
En conclusion, il y a trop peu de cas et de recul pour aboutir à des résultats concluants et satisfaisants.
L’idéal sera de suivre ces enfants tous les 2 à 3 ans pour suivre leur évolution et avoir une base de travail et comparaison solide.